présentation de la soirée du 20 mars 2013

 

Thème de la soirée :

La législation de l’euthanasie : erreur ou progrès ?

Avec Tanguy Barthouil, Avocat.

cafeforum.wordpress.com

L’idéologie, c’est les lunettes que nous chaussons pour regarder la réalité. Ces lunettes peuvent être des croyances religieuses, des spéculations philosophiques, des affirmations identitaires ou simplement des positions qui refusent toute interprétation différente de la réalité. Les questions autour de la fin de vie y sont particulièrement sujettes.

 L’enquête informée (avec un financement clair) et l’analyse du droit peuvent nous apporter un regard sur la réalité plus transparent que celui des lunettes de l’idéologie. Chacun peut ensuite construire sa relecture, mais en ayant conscience que celle-ci n’est pas une vérité indépassable, mais une fraction de la vérité.

L’enquête cofinancée par l’institut national d’études démographiques et la direction générale de la santé, réalisée sur un échantillon de 5 000 décès survenus en décembre 2009, révèle que près de la moitié des décisions médicales concernant des personnes en fin de vie, ont été prises en sachant qu’elles pouvaient hâter la mort. Ces décisions avaient pour objet soit de modifier un traitement, soit de l’arrêter. Ces décisions ont été rendues possibles par la loi Léonetti (2005).

Si 16% des patients ont exprimé le souhait à un moment de voir leur mort avancée, les demandes explicites d’euthanasie ne furent que de 1.8%. Les actes d’euthanasie, c’est-à-dire de mettre fin à la vie du patient à sa demande, ne représentent que 0.6%, soit 3.000 personnes sur 500.000 décès.

L’ordre des médecins a rendu public le 14.02.2013, un avis préconisant pour les situations exceptionnelles, devant des requêtes réitérées, lucides et persistantes de la personne atteinte, de poser un geste accélérant la survenue de la mort. L’assistance à mourir devrait relever de la décision d’un collège de médecins et non d’un seul. L’ordre insiste sur la clause de conscience accordée aux médecins qui refuserait la pratique d’une sédation terminale.

Il peut être étonnant de faire appel à l’état ou à l’ordre des médecins pour légiférer sur notre ultime liberté, vivre ou mourir. Mais, en posant cette question, ne valorise –t – on pas une hypothèse implicite : je suis l’alpha et l’oméga de mon existence ? Pourtant, je ne suis pas né seul, je n’ai pas grandi seul, je n’ai pas vécu seul, pourquoi cet accès d’affirmation de soi au moment ou le soi va disparaître ? Que cela signifie-t-il d’une conception de la personne humaine ?

Mais il peut être tout aussi étonnant de sacraliser la vie biologique en refusant le fait de donner la mort pour libérer la personne de souffrances incontrôlables alors que la nature et l’humanité produisent chaque minute la mort. La personne humaine ne se distingue-t-elle pas dans le bios par l’existence même de la vie psychique ? La souffrance est précisément le moment où l’être est envahi et voit disparaître sa vie psychique.

Dans ces conditions, légaliser l’euthanasie est-ce une liberté individuelle gagnée face à l’état et à l’ordre des médecins ou bien n’est ce qu’une affirmation d’un individualisme très militant ?

François FAURE

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